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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 19:50

Lu un entretien avec Georges Steiner dans le dernier Télérama. Vague souvenir d'avoir parcouru jadis ses Antigones. Il fait partie de ces penseurs de 80 ans d'une époque qui se dissout, études humanistes et traversée de la 2onde guerre mondiale. Il regrette les ponts entre littérature et sciences, sciences et phillosophie. Et fait preuve d'une certaine modestie face à ce qu'il n'arrive pas à comprendre (l'art conceptuel par exemple) : "On ne peut pas être à jour sur tout. (...) Il vaut mieux être honnête sur ses erreurs que d'essayer de bluffer." Je me demande s'il n'est pas bon également d'être à jour sur ses erreurs...

 

Il fait partie aussi de ces intellectuels qui ont beaucoup appris par coeur, pour  "entrer dans l'oeuvre", et pour que "les textes marchent à côté de [lui]". Hubert Nyssen s'est effeuillé quand sa mémoire a commencé à lui jouer des tours, et il rageait souvent dans ses derniers carnets contre ces morceaux de poésie qui lui échappaient. Un poème, une chanson, c'est ce qui a sauvé certains déportés des camps. Et de nouveau je me désespère. Je ne connais rien vraiment par coeur. 

 

Il estime que son multilinguisme lui a ouvert de nombreuses fenêtres sur le monde (moi j'accumule les méthodes pour baragouiner l'anglais ou me faire croire que je vais replonger dans les déclinaisons russes, pfff...), et j'aime assez sa vision des choses : "Tout ce terrible enracinement de Monsieur Barrès ! Les arbres ont des racines ; moi, j'ai des jambes, et c'est un progrès immense, croyez-moi !"

 

Sur la photo, il a le sourcil broussailleux et le regard enfantin.

 

 

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