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VaBene
Fragments et notes
Je n'ai pas pu rentrer dans le dernier Mankell, Avant le gel, il y a quelques mois. Overdose ? Peur de la fin ? Déception face au changement de point de vue (c'est la fille de Kurt Wallander, Linda, qui est au centre, à une semaine de son entrée dans la police).
Mais vient de paraître la dernière enquête du commissaire neurasthénique (et suédois ; ce qui me semble aller délicieusement ensemble...) J'ai ressorti du coup Linda, et le premier jour des vacances étant toujours propice pour moi à une absorption romanesque, j'ai replongé dans la Scanie venteuse, profitant d'un canapé neuf et d'un nouveau stock de thé vert. Bien m'en a pris : le sofa est confortable, le thé fameux, et le roman aussi. L'enquête est prenante, mais ce sont les pensées de la jeune aspirante qui sont haletantes, ses liens avec son père, son propre rapport à la mort, au passé, aux paysages et au climat nordiques...
Une fois ma lecture finie, j'ai bien été obligée de recueillir la dernière enquête de Wallander, même si sa parution en grand format est un acte commercial honteux et attrape-gogo, que je condamne fermement, évidemment. Evidemment...
Qu'il est gros ce livre, il m'encombre dans le métro, il remplit mon sac, chute de ma table de chevet, me désoriente parce que je ne reconnais pas la couverture du format poche qui m'a accompagnée depuis un an et demi...
Et ça rajoute à mon trouble : c'est la dernière enquête (dixit l'auteur), Kurt s'enfonce dans la solitude, il compte les grains de sable du temps qui passe, le vent souffle toujours... Il ne faut pas, cette fois, que je lise trop vite...
Et que cela fait du bien, un triste soir de fin octobre de retrouver ton blog, et d'avoir enfin quelqu'un à qui parler de Wallander, de la Scanie, du format poche, et du thé fameux. Je n'avais pas osé lire le Wallander de Linda, bien que j'en eusse parfois le désir très grand. Pour les mêmes raisons que toi.
Cette semaine, je suis tombée, ds le Nouvel Obs, que je ne lis jamais pourtant, sur un article qui m'a fort troublée, au point que je ne l'ai pas lu jusqu'au bout. Il s'agissait d'un entretien de Mankell, qui, en substance, disait qu'il était soulagé d'en avoir fini avec Wallander, comme s'il s'en débarrassait enfin, que ce vieux flic ne lui ressemblait pas du tout, et qu'il lui faisait connaître une fin digne de lui, c'est-à-dire peu honorable, une fin de solitaire et d'Alzheimer - en substance, disais-je, parce que j'en ai été si glacée, si peinée, que je ne me souviens plus des mots exacts de ce Mankell qui, par contraste, m'a semblé arrogant, présomptueux, indigne de son personnage, odieux, vraiment odieux. Alors je me suis dit que je ne lirai pas la "fin" de Wallander. Que je refusais qu'il finisse. Mais peut-être que Mankell ne dit pas tout à fait ce qu'il pense, peut-être que son suédois a été traduit grossièreté, peut-être que ses propos ont été contractés, rapetissés, peut-être n'a-t-il manifesté cette haine de Wallander que parce qu'il l'aime comme un frère avec lequel on ne s'entend pas...Je ne sais pas, béné, je ne sais pas, j'en parlerai avec toi, cela me fera du bien.... Certains personnages valent sans doute mieux que leur auteur...